C’est l’économie, chers électeurs
Publié: Mardi, 14 Juin 2016
Le référendum sur l’avenir de la Grande-Bretagne dans l’Union européenne (UE) approchant à grands pas, il est temps pour les électeurs “indécis” de réfléchir sérieusement à la case dans laquelle ils placeront leur “X” le 23 juin.
Si l’économie prime sur tout le reste, l’argument en faveur du maintien dans le club n’a jamais été aussi fort. Le Trésor, la Banque d’Angleterre (BoE), le Fonds monétaire international (FMI) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ont tous mis en garde contre l’impact négatif potentiel sur l’économie si le Royaume-Uni quittait l’UE.
L’évocation d’une récession potentielle et de la perte de 500 000 emplois britanniques suffit à faire frémir les eurosceptiques les plus endurcis. Si la méthodologie de certains calculs du gouvernement a été remise en question, la plausibilité des résultats potentiels ne l’a pas été – la BoE et le FMI ont tous deux évoqué le spectre d’une récession technique en cas de vote de sortie du Royaume-Uni.
Le Royaume-Uni bénéficie actuellement d’un accès préférentiel à d’autres marchés couverts par 36 accords commerciaux négociés par l’UE avec 58 pays. Quelle serait l’alternative si le Royaume-Uni faisait cavalier seul ? Tout en renforçant la détermination de nombreux Brexiteers, on ne peut ignorer l’avertissement de Barack Obama selon lequel le Royaume-Uni se retrouverait en queue de peloton dans tout accord commercial avec les États-Unis si le pays choisissait de quitter l’UE.
Le camp du “Leave” a proposé que le Royaume-Uni quitte le marché unique de l’UE et se tourne vers l’OMC s’il ne parvient pas à conclure des accords commerciaux de remplacement. Dans une récente interview accordée au Financial Times, le directeur général de l’organisation mondiale du commerce, Roberto Azevêdo, a déclaré que la réalité ne serait pas aussi simple.
Il a déclaré qu’un éventuel Brexit entraînerait des négociations sans précédent entre le Royaume-Uni et les 161 autres membres de l’OMC. Pour rester conforme aux règles de l’OMC, le Royaume-Uni devrait imposer des droits de douane sur les importations en provenance des 58 pays avec lesquels il bénéficie actuellement d’un libre accès au marché, tout en ajoutant ses propres surtaxes sur les exportations britanniques. L’OMC a calculé que le coût des droits de douane supplémentaires sur les marchandises importées au Royaume-Uni s’élèverait à 9 milliards de livres, tandis que les exportations seraient soumises à des droits de douane supplémentaires de 5,5 milliards de livres.
Cette situation devrait préoccuper toute entreprise internationale ayant des activités au Royaume-Uni. En effet, de nombreux clients de Priority Freight ont déclaré publiquement que la sortie du Royaume-Uni de l’UE remettrait en question les futurs investissements britanniques. Par exemple, le secteur automobile britannique soutient 800 000 emplois et contribue à hauteur de 15,5 milliards de livres à l’économie du pays. Dans ce contexte, on comprend pourquoi 77 % des membres de la Society of Motor Manufacturers and Traders (SMMT) considèrent que le maintien dans l’UE est l’option préférée.
Jusqu’à présent, les partisans du Brexit ont été incapables de proposer un “plan de sortie” viable de l’UE et, à mon avis, il est impossible d’ignorer les chiffres et les avis des experts du commerce britannique et mondial. L’économie m’a fait quitter la barrière, et c’est la raison pour laquelle je voterai pour le “maintien” dans le courant du mois.
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